Mardi 21 octobre 2008
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Vu de France, l'Espagne est au prises avec les pires difficultés en matière d'immigration surtout du fait de l'arrivée d'une immigration de miséreux en provenance d'Afrique noire. En Espagne aussi,
cette image des clandestins miséreux qui déferlent par centaines de miliers pour travailler dans les immenses plantations maraichères prend le pas sur une autre image de l'immigration, celle qui
avait permis d'alimenter le boom économique des 10 dernières années. La déconfiture économique complète de l'Espagne exacèrbe sans doute cette vision nouvelle de l'étranger dans un pays qui
semblait jusqu'ici ignorer étrangement les problématique d'intégration et de racisme que connaissent des pays comme l'Italie et dans une moindre mesure la France, pays d'immigration plus
ancienne.
Pourtant, une étude énorme étude de 2 milliards d'euros, menée en 2006 et 2007 sur des milliers d'immigrants et coordonnée par l'Université Complutense de Madrid et l'INE (l'équivalent espagnol de
l'INSEE) vient tordre le cou à un certain nombre de clichés. Un initiative qui a de quoi faire réfléchir en France où il n'existe aucune étude équivalente et ou le simple fait de dépenser autant
d'argent pour comprendre qui sont les immigrés sur son sol ferait sans doute scandale. 2 milliards d'euros pour des gens qui doivent aimer la France ou la quitter, pensez-vous sérieusement que
Jean-Marie Le Pen serait les seul à protester?
Voici dans les grandes lignes ce que nous apprend cette étude :
- Ordres de grandeur :
Il y a 4,5 millions d'étrangers en Espagne. Les plus nombreux sont les marocains et les Roumains. Suivent une ribambelle de pays d'amérique du sud(équatoriens et colombiens en tête) et
d'Europe de l'Ouest tels que le Royaume-Unis, La France (203 309 expatriés) et l'Allemagne. Dans les 15 premiers pays d'émigration, on ne trouve pas un seul pays d'Afrique noire.
- Intégration :
Au bout de 10 ans, les immigrés ne sont plus que 60% à garder des contacts avec leur pays d'origine et 5% à y envoyer de l'argent (sontre 45% dans les premières années).
- Immigration miséreuse ?
Les candidats à l'émmigration dans les pays pauvres ne sont pas des pauvres, 75% avaient un travail dans leur pays avant d'immigrer (les chiffre des immigrés de pays plus riches d'Europe de l'Ouest
n'influe pas spécialement ce chiffre étant donné qu'il y a un grande part de retraités parmi les émigrants Anglais, Allemands et Français en Espagne). Et surtout,
la part des immigrés arrivés à
bord d'embarcations de fortune est statistiquement infime, moins de 1% de l'immigration.
- L'Espagne porte d'entrée de l'Europe?
Encoe un cliché qui a la vie dure en France et sans doute ailleurs. Il s'avère que
8 immigrés sur 10 n'ont jamais connu que leur pays d'origine et l'Espagne. Et 9 sur 10 sont venus
directement de leur pays d'origine sans avoir l'intention d'aller dans un autre pays.
- Education :
59% des immigrés ont terminé leurs études secondaires et 20% sont diplomés. On assiste d'aileurs en Argentine et dans toute l'amérique du sud à une véritable fuite des cerveaux vers
l'Espagne bien que ces immigré comme les autres commencent en bas de l'échelle dans des emplois subalternes et ne "prennent donc pas le travail" des autochtones.
Ces chiffres font penser aux discours sans cesse tenus en France par les sociologues qui collectent des informations sur le terrain et qui décrivent généralement un modèle d'intégration à la
française qui fonctionne plutôt bien compte tenu de la santé économique du pays. Il serait d'ailleurs bon qu'on les entende un peu plus.
Alors chiche, une grande enquète sur les réalités de l'immigration en France avec le budget du ministère de Monsieur Hortefeux?
Source: El Pais repris par le Courrier International
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