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Jeudi 25 septembre 2008

Communauté : Media - Actualité générale
Ou comment perdre les élections américaines...

Après avoir surfé tout l’été sur des sondages hautement favorables, Barack Obama est en panne sèche lors de cette rentrée, à l’heure du durcissement de la campagne. Les derniers développements de la crise financière avec la tentative de "suspension" de la campagne par Mc Cain pour cause de crise financière vont sans doute influencer l’électorat en faveur des démocrates mais ce "coup de barre" d'Obama risque de se manifester à nouveau dans la course finale pour la maison blanche.

Sa gaffe monumentale sur sa « muslim faith » au lieu de sa « christian faith » le place dans la position de celui qui va devoir se défendre dans les 2 débats télévisés qui restent à venir.

Une position de relative faiblesse qui n’est pas le point fort d’un Obama qui a bâti son ascension sur un sens exceptionnel du consensus et qui n’est pas non plus le point fort du parti démocrate, moins à l’aise que les républicains dans l’art de l’attaque calomnieuse en dessus de la ceinture. Et pourtant, le gentil et un peu trop lisse Barack va devoir se faire violence et sortir l’artillerie lourde face à des républicains que l’on sait prêt à tout y compris à saboter le débat en agitant le spectre d’une crise financière majeure qu’ils se sont si longtemps ingénier à nier.

Cet été déjà Michaël Moore avait sonné l’alarme dans le Los Angeles Times en publiant un petit guide à l’usage de démocrates dont le titre était grosso modo « comment perdre une élection imperdable en 10 leçons ». En la lisant cet été, je me suis laissé dire qu’il avait fait un séminaire au PS français mais qu’il confondait un peu trop Ségolène Royal et Barack Obama. Jusqu’ici, les événements semble me donner tort.  Moore reprochait notamment aux démocrates de ne pas avoir tiré les leçons de la branlée prise par John Kerry il y a 4 ans en restant trop gentil, en cherchant le consensus pour rassurer le centre au lieu d’attaquer pour décrédibiliser le camp d’en face, en mettant en avant un discours trop pédagogique et responsable qui ne conviens pas pour les rudes batailles électorales etc. Une véritable leçon de cynisme que le preux chevalier Moore a eu le tort d’infliger aux démocrates trop tôt, en plein cœur de l’été à un moment ou personne n’en voyait encore trop l’intérêt.

Malgré le redressement ressenti depuis le durcissement de la crise financière, Obama est repassé pour la première fois derrière Mc Cain en cette fin septembre, laminé qu’il a été pas ses propres gaffes, les attaques mensongères des républicains, l’arrivée dans le jeu de Sarah Palin et l’absence de vraies attaques contre les républicains à l’occasion des discours de la convention démocrate qui avait pourtant réuni l’audience record de 38 millions de spectateurs.

Il y a un mois, McCain se trouvait à 14 points d’Obama chez l’électorat féminin mais, dans le sondage du Wall Street Journal-NBC, le démocrate n’a plus que 4 points d’avance. De son côté, McCain enregistre 10 points de plus qu’Obama chez les femmes blanches. Enfin, dans la tranche d’âge des femmes de 18 à 49 ans, l’effet Palin (elle a 44 ans) est encore plus perceptible : l’avance de 20 points d’Obama a été ramenée à 3 petits points. De quoi regretter le ticket avec Hillary Clinton…

L'art de la calomnie en oeuvre.

La montée de McCain est boostée par ce que E.J. Dionne, chroniqueur politique au Washington Post, a justement qualifié de campagne « honteuse, pas honorable ». Parmi les pires vilenies de McCain figure un spot publicitaire accusant Obama, alors qu’il était sénateur du parlement local de l’Illinois, d’avoir voté pour « l’éducation sexuelle des petits enfants en grande section de maternelle avant même qu’ils sachent lire ». Il s’agissait en réalité d’un programme destiné à prévenir les petits des dangers que représentent les pédophiles en quête de proies.

Ce n’est guère le seul mensonge du candidat républicain comme l’a montré le Los Angeles Times du 14 septembre dernier en détaillant ses falsifications. On pouvait notamment lire que « pendant des semaines John Mc Cain et sa campagne ont fait des déclarations contredites par la réalité ». Le problème c’est que les réponses hésitantes d’Obama n’ont pas permis d’effacer les effets de ces insinuations.

Les contres attaques mises en place par David Plouffe (un nom prémonitoire ?), le directeur de campagne d’Obama sont elle aussi peu convaincantes pour la classe ouvrière qui lui fait défaut, ainsi ce spot qui montre un John Mc Cain vieux et incapable de se servir d’internet ou d’envoyer un mail… Et de symboliser Mc Cain par…. un Rumix Cube, jouet dépassé certes mais populaire et plutôt exigeant au niveau intelligence (je n’ai jamais réussi à « faire » un Rumix Cube et ne frimez pas, je suis sûr que la plupart d’entre vous aussi).

Face aux pires attaques, Obama fait comme lors des primaires démocrates, il se montre imperturbable et sans passions. Ce qui avait marché pour se hisser hors de la mêlée auprès des sympathisants du parti  s’avère catastrophique dès lors qu’il s’agit de conquérir des indécis (qui a dit « comme Ségolène » ?).

Le déni d’héritage, clef de l’avance de Mc Cain.

Mais le grand tout de force de Mc Cain est le même que celui qu’a réussi Sarkozy pour gagner en France : alors qu’ils sont issu du parti qui a régné depuis 2 mandats sur leur pays respectifs, ils ont réussi à passer pour des candidats neufs, sans aspérité auxquels on ne pouvait pas imputer les errements d’un Chirac ou d’un Bush qui ont une cote à peu près également calamiteuse des 2 coté de l’atlantique malgré une image de « gars sympa ». Tout comme Sarko avec Chirac, Mc Cain était un farouche opposant de Bush au sein du parti et n’a rien fait pour assumer l’héritage républicain. Comme quoi il peut être utile d’avoir un parti divisé.

Et pour se distinguer de Bush et du bilan de son propre parti, John Mc Cain n’y va pas avec le dos de la batte de base-ball.  « Nous avons été élus pour changer Washington, mais nous avons laissé Washington nous changer. Nous avons perdu la confiance du peuple américain quand des Républicains ont cédé à la tentation de la corruption » a déclaré McCain aux délégués lors de la convention républicaine… « Nous avons perdu cette confiance quand, au lieu de nous libérer d’une dépendance dangereuse envers le pétrole étranger, les deux grands partis ont voté une loi octroyant des subsides aux sociétés pétrolières. Nous avons perdu leur confiance quand nous avons maintenu notre emprise sur le pouvoir comme plus important de nos principes. » Waouh.

Obama, une rupture de style pour faire oublier Hillary

Pour inverser la tendance, Obama n’a désormais pas d’autres choix que de changer de style de campagne et de cartonner aux débats télévisés en souhaitant que le colistier Joe Bidden ne fasse lui aussi qu’une bouchée de Sarah Palin.

Et là y’a du boulot. Autant Obama électrise les foules lorsqu’il lit un discours préparé autant dans l’improvisation et les petites répliques qui font mouche, c’est Mc Cain qui est au top. Un style rustique à l’emporte pièce qui avait fait la force de Bush Junior.

La planche de salut d’Obama, toujours handicapé par le racisme larvé de l’opinion de certains états, passera sans doute par l’économie et la dramatisation de la crise, orchestrée par l’exécutif américain encore au pouvoir en pleine symbiose avec le candidat Mc Cain lui offre un occasion en or de taper là ou ça fait mal en ne retombant pas dans le piège de l’union sacrée qui a si bien fonctionné depuis le 11 septembre au profit des républicains.

Alors comme on l’aime bien ici le Barack (même si on ne se berce pas d’illusions à son sujet), on a envie de lui dire va-y franco, fais péter l’attaque en rase motte, joue avec les repoussoirs de l’opinion américaine.

- Dis-le qu’en nationalisant les banques, les républicains mènent une politiques digne des affreux communistes.

- Dis-le que les républicains sont prêt à vider les caisses de l’état pour cacher leurs propres faillite et maintenir l’économie sous perfusion jusqu’à l’élection présidentielle.

- Dis-le que Mc Cain qui ne prononce jamais le nom de Bush à voté 90% de ses propositions au Sénat comme un bon godillot.

- Dis-le que ton adversaire à toujours été pour la dérégulation des règles boursières.

- Dis-le que tout ce fric injecté dans les banques pour payer les actifs pourris des LBO et des subprimes, ce sont les contribuables américains qui vont devoir les payer.

- Sors les toutes les conneries que Mc Cain a pu faire en 26 ans au sénat au service du grand patronat.


Fait-toi robin des bois populiste car c’est la seule façon de gagner puisque tu as eu la prétention de te passer d’Hillary Clinton comme colistière. Parce-que si tu perds, personne ne te pardonneras jamais ça péché d’orgueil et tout le monde pensera à toi comme le gogo naif qui a laisser les Etats-Unis basculer sur une pente déclinante
.

 

Bonus : La situation électorale en détail d’après le site backchich.info :

« Sur la carte du Collège électoral, on observe également un transfert d’opinion vers McCain dans plusieurs des Etats considérés comme essentiels à une éventuelle victoire d’Obama. Jeudi dernier, le directeur politique de la chaîne NBC, Chuck Todd, un as de la mathématique électorale, a déclaré que le Missouri (11 voix au Collège électoral) « penche » maintenant pour McCain alors que la semaine dernière, il était encore classé dans les Etats « indécis ». Todd a aussi estimé que le Wisconsin (10 voix au Collège électoral), qui une semaine auparavant « penchait » pour Obama a rejoint les « indécis ». Un nouveau sondage de CNN effectué en Floride (27 voix au Collège) montre que McCain jouit maintenant d’une avance de 5 points sur Obama dans cet Etat clé. Si en Ohio, avec ses 20 voix au Collège, Obama conserve une mince avance (équivalente a la marge d’erreur dans le sondage CNN), il cumule en revanche 5 points de retard sur McCain en Virginie (13 voix), un Etat que le staff du démocrate espère rafler aux républicains et où le candidat a passé beaucoup de temps à personnellement faire campagne sur le terrain. Ainsi, sur la carte du site Real Clear Politics, Barack Obama ne dispose plus que de 217 voix au Collège électoral, contre 238 la semaine dernière. Et ce, alors qu’il lui faut 270 voix au minimum pour gagner. » 

Par Roquettesynatxe - Publié dans : USA special
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