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Dimanche 1 juin 2008

Communauté : Autour du Sport


 

Les Cahiers du Foot on eu une idée géniale en 2006 avant la coupe du monde de football : Réaliser « Le blog de Raymond », le blog fictif de Raymond Domenech qu'il est chaudement recommandés aux amateurs de suivre pendant l'euro. Derrière ce champion de la langue de bois metteur en scène de son image publique on sent un personnage qui cultive ses paradoxes en décalage avec le monde formaté du football et dont les choix semblent le dépasser lui-même.



Depuis 2 ans « Le blog de Raymond » esquisse un personnage tout à fait crédible d’un faux méchant cynique à l’humour grinçant et provocateur.  qui tient son journal de bord sur la vie du groupe en croquant au passage les joueurs pour faire une galerie haute en couleurs entre les divas égocentriques et les demeurés au psychisme fragile.

Comme d’habitude avec les Cahiers du Foot, c’est caustique et bien écrit avec quelques passages d’anthologie.

Voici quelques morceaux choisis extraits du Blog de Raymond qui promettent du lourd pendant l’euro 2008 :

Le jeu à la Nantaise :

« Le FC Nantes, c’est un club dévoré par les mythes. Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre sur Coco Suaudeau, on en parle comme de Gandhi ou de maître Yoda. Franchement, j’ai l’impression d’avoir un Suaudeau dans chaque hémisphère. Dommage que j’aie aussi un Luis Fernandez qui surgit au milieu, de temps en temps. Mais le jeu à la nantaise, pitié ! Des Nantais qui alignent trois passes, et on crie au génie. Si c’est des Parisiens, on crie au miracle. Comme si ça servait à quelque chose, de nos jours. »

A propos du match contre les Iles Féroé :

« Je crois que je suis meilleur que leur arrière gauche. En tout cas, je n’aurais pas laissé centrer Ribéry avec ses deux jambes valides sur le premier but. Un attaquant rapide, ça va toujours moins vite qu’un tacle au genou. »

Sur les Italiens :

« Eux, c’est comme les Portugais, je peux pas les blairer. Et les Stéphanois. Quand je me mets à en parler, c’est comme si Guy Roux ou Thierry Roland s’emparaient de mon esprit.
(…)
il faut éviter d’en rajouter. C’est ce qu’ils m’avaient expliqué, au Quai d’Orsay, quand ils m’avaient convoqué après ma sortie sur Gattuso et ses amis – tous ces gars qui se lubrifient le torse avec leur excédent de graisse capillaire. Ils sont marrants, moi, mon boulot, c’est de les battre, pas de maintenir la paix. »


Pour Govou :

« Heureusement, on avait emporté le paper-board de Santini, avec ses compos d’équipe de 2002. On a d’ailleurs perdu dix minutes à expliquer aux jeunes qui était Christanval, et à les convaincre que Marlet, Brechet et Bruno Cheyrou avaient vraiment été internationaux à cette époque. “C’est aussi à ce moment-là que j’ai eu ma première sélection”, s’est exclamé Govou. Il y a eu un silence gêné. »

« Ceux qui ont fait le plus de problèmes avec ma sélection, c’est Caprice des dieux. Ils voulaient à tout prix savoir qui mettre sur les emballages. J’ai refusé de leur confier quoi que ce soit. Comme ils insistaient, je leur ai dit: “Mettez Govou, c’est le seul qui est sûr d’y être”. Le responsable du marketing a dit qu’ils ne faisaient pas de fromage de chèvre. »

Pour Rothen :

« Ça me fait penser aussi à Platini qui disait après France-Écosse qu’il n’avait pas vu un dribble. J’espère qu’il a regardé le match, parce que là, il en a vu au moins un : celui de Rothen, plusieurs fois. Et tant pis si c’était toujours le même.
(…)
J’aime bien le regarder jouer aussi. C’est très divertissant, cette façon de ne se servir que de son pied gauche. Rothen, c’est une sorte de footballeur unijambiste qui utilise sa jambe droite comme une béquille. Forcément, comme un chien à trois pattes ou un dahu, il a tendance à tourner en rond, mais hop, il repart et décoche un centre qui fait regretter à chaque fois qu’on n’ait pas un avant-centre fort de la tête devant le but. »

Pour Henry :

« Au repas du soir, Henry s’est assis à côté de Benzema. “L’essentiel, c’est de rester humble”, il lui a dit. Karim l’a regardé avec de grands yeux. L’autre a pris ça pour de l’admiration. Henry, pour Halloween, il lui suffit de se peindre le visage en orange et sa lumière intérieure fait le reste. »

« Le lendemain matin, on a vu Henry arriver très énervé au petit-déjeuner, en demandant qui lui avait piqué son nécessaire de rasage. Tout le monde a regardé Ribéry, puis chacun a vérifié qu’il n’avait pas de mousse à raser dans son bol. Henry a gueulé qu’il allait perdre sa prime Gillette s’il jouait avec une barbe de deux jours. »


Cet espace de pub a été dealé avec le manager de Thierry Henri.

Sur Ribéry :

« En arrivant à l’hôtel après le match, Ribéry en avait encore sous la semelle, et il a proposé qu’on fasse un petit tournoi à trois contre trois sur le parking. Impossible de le raisonner. Vexé, il a dit qu’il allait repartir tout de suite à Munich, où Oliver Kahn lui organisait des séances de penalties dans son jardin en pleine nuit, même qu’ils jouaient aussi aux chevaliers teutoniques avec des haches dans la forêt. »

« Grosse frayeur aujourd'hui. Ribéry adore faire du vélo dans le parc, mais il faut absolument qu'il fasse tout le parcours en roue arrière en racontant pour la énième fois le jour où il avait piqué la Yamaha YZ de son cousin pour aller faire un rodéo dans le Centre Leclerc de Boulogne-sur-Mer. Cette fois, il a voulu montrer comment il s'était encastré dans une rangée de caddies et il n'a rien trouvé de mieux que de rejouer l'accident en emplafonnant le mur de parpaings que Coupet avait commencé la veille. Je vous dis pas la panique quand on l'a vu revenir avec le visage en sang et un grand sourire. Enfin, surtout pour le soigneur qui ne savait pas trop où mettre le mercurochrome. »

 

"Pendant la retransmission, il paraît que TF1 m’a montré en train de discuter avec Mankovski, nos mains devant la bouche. Ils ont cru qu’on cherchait à cacher nos paroles au cas où des spécialistes auraient été embauchés pour lire sur nos lèvres. Par qui, la CIA, soucieuse de s’inspirer de mes choix tactiques pour remporter la guerre en Irak? Vikash Dhorasoo, en train de tourner un film avec des sous-titres à charge contre moi? Enfin, ils peuvent croire ce qu’ils veulent, je ne vais quand même pas aller leur dire que Franck a planqué toutes les brosses à dents et mangé tous les dentifrices."

Sur Landreau

« Micka, c’est le vrai pro, celui qui n’a jamais eu d’enfance. De la Jonelière à Clairefontaine, sa carrière a été une longue mise au vert, avec pour seuls contacts avec le monde réel les rencontres avec les journalistes en salle de presse. Ça finit par déformer votre vision des choses. Et des trajectoires, on dirait. Depuis la praline de McFadden, on sent que ce n’est plus le même. »

Pour Hatem Ben Arfa

« On lui a fait une formation intensive à tous les entraînements, en le menaçant de le mettre dans la chambre de Thuram, qui fait toujours un sermon avant de dormir et qui ronfle ensuite comme un bûcheron, s’il ne donnait pas la balle au bout de cinq secondes. »

Sur Anelka :

« Une fois, j’ai fait son thème astral, à Nicolas. Eh bien dans tous les zodiaques du monde, il a des alignements de planètes qui évoquent ceux de la défense messine, des constellations d’ennuis dans son cosmos personnel. »

Sur Frey (suite à sa bourde lors de France Ukraine) :

« Le principal enseignement du match, n’en déplaise aux sceptiques, c’est que l’astrologie, ça marche. La preuve avec Frey : avant de le titulariser, j’ai attendu la conjoncture astrale la plus défavorable pour lui depuis cinq ans. Et il n’a pas raté mon coup : ça restera comme le fait du match, cette espèce d’entrechat. On aurait dit un patineur en train de tenter un salto dans du gravier. »

A propos de Christian Jeanpierre :

« Et puis on avait fait des paris pour savoir si Christian Jeanpierre allait réussir à prononcer au moins une fois correctement son prénom. Baté, Bami, Bafi, tout y est passé sauf le bon. L’accession de Jeanpierre au poste de numéro 1, ça montre qu’on peut passer des “Z’insolites” au surnaturel. Il aura fallu la mort cérébrale de Thierry Roland, la mort professionnelle de Pascal Praud et la mort tout court de Thierry Gilardi pour qu’il monte sur le siège. « 

Son adjoint Mankowski :

Mankowski, quand il sourit, tu as l'impression qu'il te veut du mal, alors ça ne m'a pas rassuré.

Et pour finir, une belle citation qui va à Raymond comme un protège tibia :

« J’ai dû improviser, mais c’est dans mes cordes : l’improvisation théâtrale, c’était mon hobby, j’en ai fait mon métier. »



Sources: http://cahiersdufootball.net/ray/ / et pour l'épopée de 2006: http://cahiersdufootball.net/raymond

Pour poursuivre :
Les dispos des cahiers du foot: Marseille en C1 2007.

 


Par Facts Only Agency - Publié dans : AROUND SPORT
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