Samedi 26 avril 2008
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C’est Nicolas Sarkozy qui l’a dit (donc c’est vrai). Un nouveau-né français lambda a une dette de 20.000
euros qui pèse lourdement sur ses épaules dès sa naissance. « Mais ce calcul ne tient aucun compte des actifs détenus par l’Etat » a rappelé l’Expansion dans un article limpide d’Hugo Lattard dont voici la
substantifique moelle.
La question de la dette de la France semble faire consensus. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le
sujet est présenté comme anxiogène :
Le déficit chronique de la France est ininterrompu depuis 1981, le dernier budget qui ait été en
équilibre. A première vue, il y a de quoi flipper un chouia puisqu’à force de tirer sur la corde la dette au sens de Maastricht (passif de l’Etat, des collectivités locales et des régimes de
sécurité sociale) a atteint 64,2% du PIB en 2007. Soit 1.209.497 milliards d’euros.
D’après ces critères, depuis 2001, la dette de la France a progressé de plus de 7 points. Quand nombre de
ses partenaires européens ont au contraire réduit leur endettement sur la période. Nous restons donc sur un période de laxisme budgétaire qui est à porter au crédit des gouvernements de
droite qui se sont succéder et dont aucun n’a manqué de reprocher à la « gestion de gauche » son laxisme budgétaire endémique.
"La dette ? Il n'y a
qu'à la solder." Marie Antoinette Lagarde.
Cependant, « en termes de niveau de la dette, la France affiche une position plus favorable »,
relève Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. Selon les chiffres Eurostat, la dette moyenne de la zone euro est en effet de 66,2% du PIB en 2007. Celle de l’Allemagne de 65%. La Belgique
affiche une dette de 84,9%, la Grèce, 94,5%, l’Italie, 104%. Et c’est encore loin de la dette du Japon, qui atteignait 159% en 2006. « Il n’y a donc pas de singularité française sur ce
point », commente Mathieu Plane.
Mais la dette au sens de Maastricht ne prend pas tout en compte car l’état à un passif (la dette) mais aussi
des actifs qu’il détient et qui rapportent. Les caisses sont donc apparemment vides mais les marges de manœuvre, pour fragiles qu’elles soient dans un contexte de crise sont bien là.
L’Etat possédait des actifs financiers, 742 milliards d’euros en 2006 (derniers chiffres connus). De
l’or, des dépôts ou encore des parts dans des entreprises publiques cotées. Car l’Etat français est un énorme actionnaire. Selon l’Agence des participations d’Etat, leur valorisation dépassait 162 milliards d’euros au 24 avril. Dont 100 milliards rien que pour EDF le plus
gros producteur mondial d’électricité.
Aussi, la dette financière nette de la France n’était en réalité que de 38,2% du PIB en 2006. Soit un
niveau proche de 1995, alors que la dette au sens de Maastricht, elle, a augmenté. Mais entre temps, la valeur du portefeuille boursier de l’Etat a profité de l’euphorie boursière. Et c’est peut
être pour cette raison plus qu’à cause du niveau brut de la dette que l’Elysée et Matignon « broient du noir », selon l’expression du Canard Enchaîné, au sujet de la crise
financière qui menace de s’étendre à l’Europe
« On peut à bon droit s’interroger sur la priorité donnée à la réduction de la dette », estime
Mathieu Plane. « Car compte tenu des actifs financiers, elle n’est pas si grande que ça. Tout au moins, la France n’est pas du tout le mauvais élève de l’Europe en la matière. Alors qu’elle
l’est clairement en matière de chômage », observe l’économiste.
Plus encore, l’Etat détient des actifs physiques ou immobiliers. Des terrains, des bâtiments, des
infrastructures, dont la valeur est tenue à jour par l’Insee tant bien que mal. « Si on comptabilise l’ensemble de ces actifs, les administrations publiques ne présentent plus une dette mais une
richesse nette », calcule Mathieu Plane. Elle représentait 37,8% du PIB en 2006. Cette richesse a d’ailleurs augmenté de plus de 22 points de PIB entre 1995 et 2006. Les administrations publiques
se sont enrichies dés lors que, boom de l’immobilier aidant, la valeur des terrains détenus par l’Etat a explosé : de plus de 200% en 10 ans.
Autrement dit, « le bébé français ne récupère pas à la naissance une dette publique de 18.700 euros
mais il hérite au contraire d’un actif net de 11.000 euros», corrige Mathieu Plane. Enfin, il ne faut pas oublier que 39% de la dette est détenue par des résidents, selon l’Agence France Trésor. Autrement dit, ce qui est au passif de l’Etat est en partie
à l’actif des ménages.
"Les mots ne payent pas les dettes". William Shakespeare
Source:
http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/ce-qu-on-ne-vous-dit-jamais-sur-la-dette-de-la-france_151760.html?xtor=EPR-77
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