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Vendredi 18 avril 2008

Communauté : Media - Actualité générale

Envoyé Spécial, France 2, le 17 avril 2008 : visionnage du reportage « Pour quelques Barils de plus ».

Ce reportage nous emmène en Alberta, une province du Canada ou l’on trouve le second gisement mondial de pétrole après celui de l’Arabie Saoudite. Ce gisement n’a pas encore été exploité car le pétrole y est sous forme de sables bitumineux, soit du pétrole visqueux mêlé à du sable. Son exploitation n’est rentable qu’a la condition que le prix du baril soit élevé, ce qui est le cas en ce moment avec  115 dollars.

Ces milliards de barils permettront sans aucun doute de repousser le Peak Oil, le point de décrue de production de pétrole, mais avec un coût écologique si effarant qu’il fait plus penser à une fuite en avant qu’à une solution durable.

Une catastrophe écologique majeure:

Pour extraire le pétrole, il faut le chauffer et donc utiliser d’énormes quantités de gaz naturel. Les forêts sous lesquelles on trouve ces gisements sont rasées, mettant à nu des paysages proprement lunaires. Les importants réseaux hydrauliques de la région s’en trouveront gravement polluée à terme à cause des rejets dans les rivières qui se stockent dans les lacs. Au détour d’une ballade en bateau dans l’immense lac Athabaska en aval des exploitations, un vieux du coin nous raconte que tous les gens qui ont essayé de boire l’eau du lac on attrapé des diarrhées carabinées. Certains cas de cancer du foie particulièrement rares (1 sur 200 000) le sont moins dans la région (3 / 1200 dans le village le plus proche) mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter d’après les compagnies pétrolières parmi lesquelles la firme Total. Les crânes d’œufs payés par les compagnies pétrolières ont pondu plein de jolis rapports pour dire qu’il était normal que de nombreux poissons meurent eux aussi de cancer et que l’impact des exploitation sur les écosystèmes est limité.

La loi oblige les pétroliers à réhabiliter les sols en remettant des sols fertile par-dessus les couches de sables stériles qui restent après le passage de ces exploitations dévoreuses d’espace. Mais les résidus pétroliers restent. Extrêmement corrosifs ils passeront dans les nappes phréatiques.

 


D’après un rapport de l’ONG canadienne Défense Environnementale remis en février au gouvernement fédéral d’Ottawa et rendu public par la Quotidien La Presse, l’ensemble des constatations de ce reportage sont confirmées par de nombreuses mesures de terrain. A cela s’ajoutent des joyeusetés telles que les pluies acides.

Enfin les émissions canadiennes de gaz à effet de serre passeront de 40 millions de tonnes aujourd’hui à 75 millions de tonnes en 2020. La moitié de cette hausse sera imputable à l’exploitation pétrolifère. Le renoncement aux objectifs du protocole de Kyoto, décidé par le gouvernement pour intégrer les émissions de cette industrie entraîne également un encouragement au laxisme après les efforts entrepris dans d’autres secteurs.

Pour bien faire comprendre l'ampleur des dégâts causés par l'extraction du pétrole bitumineux, les auteurs citent une étude du US Department of Interior qui révèle que le plus gros barrage au monde, en volume, est en Alberta: il s'agit du Syncrude Tailings Dam (540 millions de mètres cubes).

Or, ce barrage, entièrement fait de résidus provenant de l'exploitation des sables bitumineux, sert à retenir le contenu des bassins de décantations, ces boues extrêmement toxiques issues de la production pétrolière. On estime qu'elles couvrent aujourd'hui plus de 50 kilomètres carrés. "La superficie qu'occupe cette soupe toxique est rendue si grande qu'elle peut être vue à l'œil nu depuis l'espace", note le rapport, photos satellites à l'appui.

L’avantage de l’Alberta, c’est qu’elle n’est quasiment pas peuplée et pour éviter que la population se dresse contre ce massacre il suffit d’acheter ou de raconter quelques boniments aux indiens qui y habitent. Mais la grande majorité des habitants de l’Alberta sont favorables à cette ruée vers l’or noir qui tire tous les salaires à la hausse. La ville de Calgary notamment, doit son essor au pétrole de l’Alberta. Après une première période faste suite aux chocs pétroliers, la ville a connu un ralentissement de sa croissance avec le retour au pétrole bon marché dans les années 80. L’économie de la Dallas canadienne repart désormais de plus belle.

Le Canada, qui était dans les années 90 un modèle d’exploitation saine et raisonnée de ses immenses ressources naturelles à cédé à la tentation de devenir un état pétrolier avec la formidable rente qui va avec. D’après l’ONG canadienne défense environnementale, les dégâts ainsi créés sur l’environnement réduisent à néant tous les efforts réalisés depuis 15 par ce pays qui apparaissait alors comme un modèle de développement durable. Il va falloir désormais se trouver d’autres modèles.

Et pour ceux qui ont le tort de ne pas aimer lire, voici ce que cela donne dans un reportage signé Radio Canada :


Et aussi:
Le pétrole en Alberta, une vieille histoire, le dossier de Radio Canada.
Aux Etats-Unis, la direction prise semble la même avec le charbon.

N'ayez pas peur.
Par Roquettesyntaxe - Publié dans : ECO CHAOS
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