Facts Only Agency

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Jeudi 1 novembre 2007

Communauté : Réformer la France

On avait déjà vu Sarko se couvrir de ridicule au G8 lors de sa première grande sortie internationale suite à un entretien avec Vladimir Poutine, voici que Sarko s’est permis d’interrompre une interview à l’Elysée avec la plus mythique des émissions américaine, « 60 minutes » sur CBS à la première question un peu gênante après avoir insulté publiquement à l’antenne son propre porte parole David Martinon qui devrait de lui-même démissionner de son poste si il avait un once de fierté. Une fois de plus le comportement de ses dirigeants politique devant la presse donne de la France l’image d’une république bananière ou le chef peut se soustraire à toutes els questions qui gênent et traiter la presse comme si elle était un organe de propagande aux ordres.

Mais voici le premier quart d’heure de l’émission qui a battu des records d’audience aux Etats-Unis la semaine dernière avec 2 millions de téléspectateurs en plus par rapport à une normale déjà très élevée. Un vrai revers de politique étrangère en direct live…

 

 


Réaction nationalistes

Il est facile, comme l’a fait une grande partie des médias français de prendre à parti les codes visuels de ces shows à l’américaine pour stigmatiser une presse de caniveau, anti-française  peu respectueuse de la vie privée et guidée par la recherche du scoop à tout prix. Cette réaction même est un indice de l’état dans lequel se trouvent les grands médias au niveau de leur recul critique.

Une vraie presse de caniveau comme par exemple le « New York Times » aurait au contraire souligné sournoisement l’état d’agitation quasi névrotique de Nicolas Sarkozy et ses tendances colériques à fleurs de peu comme le grand quotidien New-Yorkais ne s’est pas gêné pour le faire le mois dernier. Une vraie émission de TV bien trash aurait souligné en plus de tout cela que Nicolas Sarkozy tripote beaucoup son nez qui semble souvent être sujet à des épanchements,  juste comme ça comprenne qui pourra.

60 minutes, une institution aux states

Rien de cela ici. cette interview a été réalisée par Lesley Stahl, présentatrice de l’émission mythique « 60 minutes » sur CBS. 60 minutes n’a d’ailleurs pas d’équivalent de cette émission en France (et surtout par la copie de M6 intitulée 66 minutes) et notre président risque de s’en apercevoir bientôt au niveau de sa cote de popularité aux Etats-Unis.  

C’est qu’on n’entre pas à 60 minutes comme Etienne Mougeotte au Figaro Magazine.  Quand on y est c’est qu’on est déjà parmi les meilleurs briscards du journalisme et qu’on est assez fou pour ne faire que cela dans sa vie.

Lesley Stahl a fait toute sa carrière à CBS, le grand network d’information le plus crédible du pays. Elle a enquêté sur le Watergate en 1972 et sur tous les plus grands évènements mondiaux et américains des 35 dernières années dont les fameux sommets soviéto-américains (pendant lesquels le monde entier s’arrêtait de respirer pour ceux qui n’auraient pas connu la guerre froide). Elle a été la correspondante attitrée de CBS à la Maison Blanche du temps de Jimmy Carter, Ronald Reagan et George Bush père. Elle a ensuite animé une des plus célèbres émissions de débats des golden 90’s américaine, « Face The Nation » avec des invités aussi insignifiants à coté de Sarko que Boris Eltsine, Margaret Thatcher ou Yasser Arafat.  

Les récompenses accumulées par Lesley Stahl pour son travail sont innombrables mais son enquête la plus célèbre pour 60 minutes portait sur le régime de sanction imposé à l’Irak par l’ONU entre les 2 guerres du Golfe. Elle avait à l’époque posé cette terrible question à Madeleine Allbright (la Condi Rice de Bill Clinton si on simplifie un petit peu) « est-ce que vous savez que les sanctions que vous avez imposé à l’Irak ont tué plus de civils que la bombe d’Hiroshima ? » à laquelle Madeleine Allbright à opposé une réponse encore plus terrible du genre « c’est le prix à payer » avant de s’en excuser des années après.

60 minutes existe depuis presque 40 ans. L’un de ses créateurs l’a animée de 1968 à 2006 ne lâchant la barre qu’à 88 ans ! Seule Lesley Stahl avait alors la carrure pour lui succéder…

Autant dire que des petits branleurs qui gouvernent quelques vieilles provinces de l’empire, Lesley Stahl en a vu d’autres et que si piège médiatique il y a eu, Sarko a foncé tellement à fond dedans qu’il a du la sidérer.

 « Sarko l’américain » qui a fait du renforcement des alliances avec les Etats-Unis le pivot de la politique étrangère de la France devrait le savoir : aux Etats-Unis les hommes publics sont vraiment publics, les journalistes posent des vraies questions sur tous les sujets et on ne quitte pas à la première question outrecuidante.  Et dire que la France s’est fâchée avec tant de monde pour voler dans les bras d’un gouvernement américain discrédité, si c’est pour que derrière on soit ridiculisé par notre président-monarque.


Sources: CBS.com / France Culture: chroniques de Marc Kravetz / Le Canard Enchaîné.


Epilogue:

Décidément en très grande forme, notre président dont il est bien entendu exclu de douter de l'équilibre émotionnel et affectif s'est emporté la semain suivante contre un pêcheur breton qui l'aurait insulté avec un tact et un verve qui rappellent la dernière racaille venue (ah que les mots sont parfois cruels):

 


Rappelons qu'en pleine campagne présidentielle Nicolas Sarkozy avait tenu des propos tout à fait insultants vis à vis des sauveteurs en mers bretons.

Et si vous en voulez plus, vous pouvez aller voir ici
Par Roquettesyntaxe - Publié dans : MERDE IN FRANCE
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