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Mardi 28 août 2007

Communauté : Conspirations.com

Avec ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire Borrel" du nom de juge français retrouvé mort calciné dans le désert de Djibouti en octobre 1995 nous avons droit depuis 3 ans à une vraie enquête de justice sur une crime croquignolet plein d'ingrédients dignes d'un scénario hollywoodien avec intox gouvernementale et un scénario en mille feuille qui n'en est pas à son dernier rebondissement. Tout cela grâce à la droiture des procureurs de la république successifs qui auraient pu étouffer cette affaire comme d'autres l'ont fait avant eux avec tant d'affaires louches de la république. Quelque révoltante que puisse être cette affaire il faut avant tout se féliciter que l'on enquête dessus ce qui est tout nouveau en France si l'on se place du point de vue historique (on pourrait consacrer un blog entier rien que sur les barbouzeries criminelles commises en Afrique depuis la décolonisation et couvertes par tous les présidents successifs).

Le 28 août, le Monde apporte quelques éléments en plus sous la plume de Guillaume Dasquié. Vous pouvez le lire au : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-921065@51-948174@45-1,0.html. Mais en voici pour les paresseux un rapide résumé à la sauce FOA c'est-à-dire avec des petits morceaux en plus qui craquent sous la dent.

juge-borrel.jpg





Les éléments du polar :

Un juge français retrouvé assassiné en plein désert dans une zone très surveillée de ses pseudo colonies les plus importantes du point de vue militaire et stratégique: Djibouti.

D'après le Figaro et l'AFP qui citent une source proche du dossier, l'armée française était au courant de la mort du juge 2 heure avant la découverte du corps.

Des registres de contrôle des passages dans la zone du crime qui restent introuvables pour la justice tant du coté du checkpoint français que du coté djiboutien.

2 heures après la découverte du corps par des gendarmes français, l'ambassade de France suggère déjà la raison de la mort du juge Borrel à Paris: le monsieur a été très affecté du suicide d'un de ses amis 3 semaines plutôt.

Le médecin qui établis le certificat de décès déclare que la mort du juge Borrel doit être éclaircie mais le soir même, l'ambassade de France à Djibouti conclue à un très probable suicide sur la base des observations effectuée par un gendarme français de l'ambassade, un expert sans doute. On est loin des procédures de police scientifiques que tout le monde connait maintenant les rudiments depuis "Les Experts", justement.

Une blessure d'arme contondante au crâne constatée par certain policiers de l'hôpital de armées de Djibouti ignoré par le rapport d'autopsie de même qu'une lésion de défense à l'avant bras mise à jour par une contre expertise qui est arrivée en 2004, neuf ans après la mort du juge Borrel.

L’enquête permettra tout de même de se rendre compte rapidement du ridicule de cette tentative de maquillage. Ce péché originel va obliger certains services de l'état au pire contortions pour éloigner la thèse de l'assassinat et stopper l'enquète.
 

Premiers rebondissements :

Patrice Mangin, professeur de médecine légale à Paris assure à la juge Sophie Clément à l'occasion de cette contre expertise que le scénario du suicide tel que décrit par la première version est impossible: le juge serait allé en plein désert pour s'asperger d'essence debout ou à genoux, y mettre feu puis courir pour se jeter au bas du rocher où il a été retrouvé. Même le Coyotte n'y aurait pas réussi avec l'aide de Bip bip.

Soumis de donner des éclaircissements, les services secrets français invoquent d'abord le secret défense avant de parler d'une mort qui doit "servir d'exemple" et d'information auxquelles le juge n'aurait pas dù accéder. Sont en cause, le dictateur Djiboutien et grand protégé de la France Ismaël Omar Guelleh et son entourage proche (dont le ministre de la justice Djiboutien) pour des affaires de corruption dont on ne connaît pas encore la nature.

A ce sujet, certaine sources parlent de la puissante implantation du milieu des expatriés dits de la "Françafrique" à Djibouti, notamment de quelques éminents représentants du clan des "congolais" qui ont permis le maintien du Congo sous la coupe réglée de son dictateur Denis Sassou N’Guesso et de ses conseillers français depuis son indépendance au début des années 60 (sur ce sujet vous pouvez jeter un œil à : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=971). C'est dans cette logique qu'a eu lieu il y a quelques mois une perquisition au Domicile de Michel de Bonnecorse, un vieux briscard de la Françafrique, proche du Général De Gaulle qui avait défendu mordicus la thèse du suicide.

Quoi qu’il en soit, la mise en cause du dictateur Djiboutien entraîne en réaction des pressions du ministère de la justice français pour que le dossier soit communiqué au ministère de la justice djiboutien (pourtant soupçonné dans l'affaire) pour un enterrement de l'affaire en grandes pompes dans les sables de cette "république" croupion qui existe avant tout parce qu'elle abrite une importante base militaire française.
Après tout cette affaire n’est pas la seule à étouffer compte tenu des problèmes de ce petit pays (petit aperçu au lien suivant : http://www.billetsdafrique.info/Djibouti-SALVES-Le-secret-de.html)

Mais ce sont dans les 2 derniers paragraphes de l’article du Monde que se niche les révélations annoncée dans le titre. Je ne résiste pas au plaisir de vous les soumettre tel quel.

« Une note de travail de la direction Afrique-océan Indien du Quai d'Orsay, rédigée pour préparer la rencontre du 17 mai 2005 entre le président Jacques Chirac et Ismaël Omar Guelleh, considère : "Malheureusement, les services de la chancellerie ont mal évalué les conséquences d'une telle transmission (du dossier à Djibouti) : M. Perben, le ministre de la justice, pourrait être poursuivi par Mme Borrel pour forfaiture."

C'est alors que germe, à Paris - un comble ! -, l'idée d'obliger la juge française à obéir en suggérant à Djibouti d'attaquer la France devant la Cour internationale de justice (CIJ). Dans un télégramme diplomatique daté du 25 juin 2005, l'ambassadeur à Djibouti, Philippe Selz, relate un entretien avec le ministre djiboutien des affaires étrangères : "Il m'a dit qu'il "réfléchissait à notre idée de recours à la CIJ". Djibouti a déposé plainte à La Haye le 9 janvier 2006. Le 30 mai 2007, après l'élection de Nicolas Sarkozy, Ismaël Omar Guelleh était de passage à Paris. On ignore qui il a rencontré. »

Les responsables parlent, l’enquête avance et cela aussi donne des indications sur le changement de sens du vent au sommet de l’état. La réception récente par Sarkozy de la veuve du juge Borrel n’est que la face bien polie et cryptée à souhait de ce double message que le gouvernement adresse à ceux qui en savent trop pour leur dire « vous pouvez parler, ça m’arrange bien » et à Chirac « Voila mon gars, encore un affaire qui va te remonter à la gueule ».

Plus de lien sur les différents volets troubles de l'affaire: http://fr.blog.360.yahoo.com/blog-H0u1.wc9erSTPeul.bFLc_Qi51w-?cq=1&p=88

Par Roquettesyntaxe - Publié dans : MERDE IN FRANCE
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