Mercredi 17 décembre 2008
3
17
/12
/2008
18:55
Les enfants aiment tous bien faire du toboggan mais leurs aires de jeux sont bien différentes selon les pays. Elles sont un miroir de trois sociétés voisines qui n'évoluent pas de
la même manière. Un article récent du journal L'Alsace a
dressé un comparatif très instructif des aires de jeux telles qu'elles sont conçues en France, en Suisse et en Allemagne.
À Mulhouse (France pour les débiles), les aires de jeux uniformisées illustrent la politique sécuritaire engagée depuis plusieurs années : les balançoires et les tourniquets jugés
dangereux ont été enlevés et on a installé des clôtures pour pouvoir fermer la nuit. Chaleureux comme tout...
À Bâle (Schweiz), il n'y a pas de panneaux de recommandation ni de clôtures. Les aires de jeux sont variées et leurs équipements haut de gamme en adéquation avec le niveau de vie des
habitants.
À Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), contrairement à un cliché, ce n'est pas l'ordre mais le désordre organisé qui règne. Les places de jeux sont des coins de nature aménagés en ville pour
apprendre aux jeunes citadins à se familiariser avec les différents éléments naturels.
Voici le début de chacun de ces descriptifs. Nous nous attarderons plus longuement sur l'exemple allemand qui est de loin le plus séduisant... Compte tenu du fait que nous n'aurons jamais les
montagnes de frics que les Suisses pourront mettre dans ces équipements...

Bâle :
Des équipements variés, à haute valeur ludique et des matériaux
naturels : à Bâle, les aires de jeux reflètent le haut niveau de vie des habitants. Classe et cher : c'est suisse.
Mulhouse :
Le bois, le sable et les balançoires ont disparu des aires de jeux à
Mulhouse. On trouve partout les mêmes structures métalliques aux couleurs vives, sur un sol synthétique.
Deux à trois jeux à ressort, un toboggan avec une structure à grimper sous forme d'échelle ou de panneau d'escalade, un filet-pont et un filet à grimper en toile d'araignée : c'est l'équipement
type des aires de jeux à Mulhouse...
Fribourg :
Fribourg a été pionnière dans la création d'un nouveau concept
d'aires de jeux proches de la nature, qui s'est répandu dans toute l'Allemagne.
La place n'est pas vraiment « clean », l'agencement est désordonné et les herbes sauvages foisonnent : on se croirait dans un sous-bois. « C'est volontaire », explique Martin Leser,
l'adjoint au chef du service des Espaces verts de Fribourg. « Nous avons opté il y a une dizaine d'années pour un changement radical en installant des aires de jeu à moitié sauvages ».
La première « naturnahe Spielplatz », place de jeu « proche de la nature », a été installée dans la Colmarerstrasse, près de la gare. On y trouve une grande cabane surélevée en
bois brut, sans peinture, qui sert parfois d'abri à des SDF, un toboggan de 10 m de dénivelé, tout comme la pente enherbée qui sert de piste de luge toute l'année. « Nous avons coupé de vieux
fûts de plastique en deux pour les recycler en luges que nous laissons à la disposition des enfants ».
De l'eau, du feu, de la boue et un mécène
Une pompe à eau a été installée sur un monticule. L'eau s'écoule dans du sable « pour inciter les enfants à modeler la boue ». L'eau est considérée comme un « élément essentiel
» sur les aires de jeux à Fribourg. On y trouve généralement aussi un emplacement aménagé pour griller des saucisses. « Un toboggan, des balançoires et du sable, cela ne suffit pas pour
stimuler la créativité », souligne Martin Leser. « Les enfants des villes doivent être confrontés à un environnement naturel, pour apprendre à se servir de tous leurs sens et de tous les
éléments de la nature » : telle est la règle outre-Rhin.
Pas de clous apparents ni de bords tranchants, mais tous les dangers potentiels n'ont pas été supprimés. « Les enfants doivent apprendre que cela fait mal quand on tombe ». Les aires de
jeux proches de la nature ne sont pas plus dangereuses : « Les accidents graves sont rares », affirme Marin Leser.
COMMENTAIRES